Le Gaz methane du Lac Kivu, au Rwanda – Combustible pour le chauffage, la production d’électricité et, sous forme comprimée (GNC), comme carburant pour véhicules.

Le 20e Conseil national Umushyikirano, conclu à Kigali le 6 février 2026, a été un exercice de démocratie participative, de think-thank géant à l’échelle des rwandais les plus divers, pour « penser ensemble le futur », et comprendre ce qui n’a pas fonctionné dans un passé récent. Dérivé du verbe kinyarwanda gushyikirana—signifiant « se rencontrer et discuter ensemble »—ce dialogue annuel est passé d’une pratique culturelle traditionnelle à un mandat constitutionnel moderne qui aplatit la hiérarchie nationale. En deux jours, le Centre des Congrès de Kigali est devenu un théâtre de responsabilité radicale, où les plus hauts échelons du gouvernement, y compris le président Paul Kagame, se sont tenus devant le public pour répondre des progrès et des défis de la nation.

Lors de cet important meeting, le Président ainsi que la CEO de Rwanda Mines, Petroleum and Gas Board, ont confirmé les grandes lignes de la politique en matières premières dans les prochaines années.

Diplomatie et Sécurité Régionale

Le dialogue s’est ouvert comme une plateforme de haute volée pour la politique régionale, notamment concernant le conflit en cours en République démocratique du Congo (RDC). Le président Kagame a donné une leçon magistrale de diplomatie, écartant les accusations de longue date d’exploitation minière et affirmant que le Rwanda serait « cent fois plus riche » si son implication dans la RDC était motivée par le vol plutôt que par la sécurité. Il a présenté la posture militaire du Rwanda comme une nécessité strictement défensive face aux FDLR, affirmant que le pays ne doit pas être victime des effets collatéraux du fait que les puissances extérieures ont causé et n’ont jamais réglé les causes profondes de l’instabilité régionale.

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Paul Kagame dans son élément, discutant et résolvant avec les Rwandais leurs propres problèmes

Sur la scène régionale, le président a soutenu que le Rwanda est injustement tenu responsable des problèmes internes de la RDC tandis que la « communauté internationale » reste une entité vague, anonyme et irresponsable. Il a noté que le leadership de la RDC agit comme un enfant gâté, et que le Rwanda n’est pas prêt à porter les poids des problèmes de son voisin. Il a averti que même si les genocidaires vieillissent, ils ont « formé des enfants », endoctrinant une nouvelle génération et rendant la menace perpétuelle.

Un point fort fut la stratégie visant à dépasser les exportations de matières premières ; Alice Uwase, directrice du Rwanda Mines Board, a affirmé que le Rwanda se positionne comme un centre régional de traitement des minéraux afin de tirer une grande valeur de ses ressources.

Le président a également répondu directement à une femme d’affaires du secteur minier qui a parlé de son travail, du traitement et de l’exportation de minéraux rwandais.

Il a élargi le contexte, déclarant : « Presque tous les minéraux utilisés dans divers processus de production dans les pays développés sont importés. Il en va de même pour le Rwanda. Personne n’a le droit d’interdire aux Rwandais d’importer et de traiter légalement des minérais provenant de pays voisins ou éloignés, ni d’interdire aux étrangers de vendre à des commerçants rwandais ou à nos complexes industriels miniers. Comme pour les minerais, nous n’interdisons pas aux Congolais de passer par nos routes et aéroports lorsqu’ils voyagent. Le Rwanda est ouvert à tous, et à tous les flux et transactions légales. »

Le pivot stratégique : NST1 vers NST2

Le moment du dialogue de cette année était particulièrement significatif, marquant le pivot stratégique de la première Stratégie nationale de transformation (NST1) vers la plus ambitieuse NST2. Alors que le Premier ministre Justin Nsengiyunva a rapporté un taux impressionnant de 80 % pour les résolutions précédentes, l’atmosphère restait axée sur le raffinement de la machinerie de l’État. Cela a été particulièrement évident lorsque le Président a abordé les inefficacités systémiques au sein du Rwanda Development Board (RDB), en émettant un mandat direct visant à rationaliser le « One-Stop Center» afin de protéger l’objectif de croissance du PIB de 8,7 % du pays pour 2026.

Évolution numérique et linguistique

Beyond traditional economics, the 2026 dialogue emphasized digital and linguistic sovereignty. Younger participants used the platform to push for a « Zero-Trip, Zero-Paper » government by 2027 and challenged leaders on how Artificial Intelligence (AI) would be leveraged for Vision 2050.

Dans une démarche tout aussi tournée vers l’avenir, le ministère de l’Éducation a annoncé un partenariat national avec la Banque mondiale pour former chaque enseignant rwandais à atteindre un niveau de maîtrise B2 en anglais, garantissant ainsi que la prochaine génération soit préparée au marché du travail mondial.
Le Président Kagame a rappelé à l’audience que la langue Kinyarwanda a autant besoin d’être mieux apprise et utilisée.

And President Kagame reminded the audience that Kinyarwanda language needs as well to be better taught and used.

Responsabilité sociale et résolution

Répondant aux préoccupations économiques, le ministre des Finances et du Plan, Yusuf Murenzi, a réagi à la hausse des prix due à l’écart entre faibles exportations et importations élevées à mesure que la population augmente.

Sur le plan social, un plan intensif de deux ans a été lancé pour réduire le retard de croissance dans des districts comme Gicumbi grâce à une meilleure surveillance par des agents de santé communautaires. Alors que le Directeur du Service des Statistiques (NISR) suggérait que le retard dans les provinces riches en agriculture était dû à l’ignorance parentale, le président a plutôt soutenu qu’il résultait d’un manque de leadership.

Le 20e Umushyikirano s’est terminé par l’adoption de 13 nouvelles résolutions — allant des interventions sanitaires ciblées à l’amélioration de la qualité et de la quantité des exportations — et a renforcé son statut de modèle unique de démocratie participative. Il reste le principal lieu où le contrat social est renouvelé, garantissant que le saut du Rwanda vers 2050 soit un effort collectif plutôt qu’une directive descendante.

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