Dans une interview percutante et sans concession accordée à Claude Ndahiriwe de Tech-Biz.Today, Me Bernard Maingain — avocat de renom au barreau de Bruxelles et à la Cour pénale internationale — dénonce ce qu’il décrit comme des processus génocidaires en cours en République démocratique du Congo.
Me Maingain détaille une campagne d’extermination orchestrée par une coalition de forces incluant la FNDB, les FARDC, des mercenaires étrangers, la CODECO, les FDLR et les milices Wazalendo. Son témoignage brosse un portrait effroyable du ciblage systématique des populations banyamulenge, tutsi et hema — victimes de massacres à la machette, d’immolations, de cannibalisme, d’enterrements vifs et de bombardements intensifs.
Selon Me Maingain, ces atrocités se déroulent sous le regard de la MONUSCO, dont les interventions, note-t-il avec une ironie mordante, arrivent « par coïncidence » toujours trop tard.
Ce vide sécuritaire fait écho à un effondrement total de l’État de droit ; malgré l’ampleur de la violence, les tribunaux congolais n’ont donné suite à aucune plainte. Me Maingain souligne par ailleurs une crise plus large des droits humains et économiques affectant l’ensemble du peuple congolais, avec un accent particulier sur l’exploitation et la spoliation des droits dans la région du Katanga.
S’appuyant sur un réseau de témoignages et de preuves recueillis en temps réel à travers les provinces de l’est du pays, un constat sombre émerge quant à la responsabilité de l’État et de la communauté internationale. Me Maingain pointe directement la « lourde responsabilité » de la RDC, du Burundi et des Nations Unies, décrivant la résurgence de « la bête immonde » — référence à l’horreur parrainée par l’État — surgissant à nouveau des profondeurs.
Points clés de l’interview:
-
Violence systémique : Documentation du ciblage ethnique spécifique des Banyamulenge, Tutsi et Hema, ainsi que des méthodes employées par les groupes armés et les armées nationales.
-
Échec institutionnel : La paralysie volontaire de la justice congolaise et les retards perçus comme « calculés » des casques bleus de l’ONU.
-
Les rôles évident d’un État régional, le Burundi, et de l’organe international de l’ONU, la MONUSCO, dans la crise actuelle
Cet article est également disponible en :

