Rien n’est épargné : drones, avions Sukhoi, forces burundaises et mercenaires latino-américains — aux côtés des milices FDLR et Wazalendo — ciblent les plus vulnérables des Hauts Plateaux. En partant de Bujumbura et Kisangani vers Mulenge, Masisi ou Goma, ils démolissent écoles et hôpitaux et abattent du bétail, préférant terroriser les civils plutôt que d’affronter l’ARC (Armée révolutionnaire congolaise) en combat frontal

Alors que l’administration Trump redouble d’efforts sa stratégie « Minerais contre Paix », une réalité crue émerge des hauts plateaux du Sud Kivu : les minéraux mêmes destinés à assurer l’avenir technologique américain se préparent à être extraits dans une zone d’extermination soutenue par l’État congolais.

Au moment où des milliers de membres de la diaspora Banyamulenge défilaient sur la Maison-Blanche et le Capitole le 20 avril 2026, le récit de la « stabilité » s’est effondré.

Les « Accords de Washington » de décembre 2025 qui promettaient la stabilité, ont au contraire offert un bouclier diplomatique à un régime de Kinshasa désormais qualifié de « dictature de génocide et d’extermination », comme nous l’avons écrit dans DRC : Le trou noir de la justice.

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De Washington à Londres et Nairobi, le message était clair : « Arrêtez le génocide silencieux. » Environ 5 000 manifestants dans la capitale américaine ont exhorté le président Trump à briser le silence sur l’accord minier de Washington et à tenir les régimes de Kinshasa et de Bujumbura responsables du siège de Minembwe.

L’illusion juridique : pourquoi les minérais de la RDC ne respectent pas les lois américaines sur l’importation

Malgré les poignées de main de haut niveau à Washington, un obstacle juridique majeur subsiste. En vertu de l’article 1502 de la loi Dodd-Frank et des protocoles de transparence de la Strategic Asset Reserve (SAR), les États-Unis sont interdits d’importer des « minerais de conflit ».

Le blocus militaire actuel de Minembwe — orchestré par la coalition FDLR (Milice génocidaire de triste mémoire)-Mercenaires-Armée du Burundi-Wazalendo-FARDC contre les populations civiles dans les Kivus — déclenche directement ces interdictions légales. Comme Tech-Biz.Today l’a détaillé dans The Siege of Minembwe : Anatomy of Blockade, et The Economics of Extinction in the Kivus, le gouvernement utilise la famine et les frappes de drones comme armes tactiques. Selon la loi américaine, tout minerai provenant d’une région où les forces étatiques sont complices d’atrocités de masse est légalement « contaminé ». Cela fait de l’accord de Washington un château de cartes : les États-Unis ne peuvent pas légalement importer les minérais pour lesquels ils ont dépensé des milliards pour « sécuriser ».

FADRC Sukhoi bombardant Minembwe

La corruption au cœur du système : la connexion de Bruxelles

La crédibilité de l’accord de Washington est encore érodée par la corruption stupéfiante au sein de la présidence congolaise. À ce sujet, la menace juridique vérifiée est la plainte pénale déposée à Bruxelles en juillet 2025 par les avocats Bernard et Brieuc Maingain.

Déposée auprès de la procureure fédérale Ann Fransen, cette plainte vise neuf membres du cercle rapproché du président — dont ses frères, ses fils et la Première Dame. Les allégations incluent :

  • Détournement systémique : Canalisation des revenus miniers vers des comptes offshore.
  • Pillage des biens de l’État : Ciblant spécifiquement les provinces minières de Lualaba et du Haut-Katanga.
  • Enrichissement familial : Comme indiqué dans DRC Plunder : The Washington Mineral deal compromised, la justice congolaise a été neutralisée, laissant les tribunaux belges comme seul lieu de responsabilité.
Me Maingain et Societe civile Katangaise

Conférence de presse – Plainte déposée auprès du Procureur fédéral de Bruxelles contre des membres de la famille Tshisekedi (à gauche : avocat Bernard Maingain ; À droite : Jean-Pierre Muteba, membre de la société civile du Katanga) – 8 juillet 2025 | Photo RTBF

Le scénario du dictateur : le génocide comme outil politique

Peut-être le plus glaçant est la preuve d’un « processus génocidaire » en action. Le gouvernement de Kinshasa est passé à une dictature militaire qui utilise l’exclusion ethnique pour défricher les terres riches en minérais. Le ciblage des Banyamulenge, des Batutsi et des Bahema n’est plus un « affrontement de milices » ; c’est une politique d’État.

Comme Tech-Biz.Today l’a soutenu dans Comment le triangle mortel du Congo transforme le sang en dollars liquides, la logique est purement extractive. En bloquant Minembwe et en alimentant les « patriotes » de Wazalendo, le gouvernement crée un désert plus facile à découper en concessions minières industrielles, loin des habitants originels.

Le verdict sur les « minérais de sang »

L’accord minier de Washington devient un « Accord Sanglant». Lorsque les États-Unis signent des accords avec un dirigeant faisant face à des accusations crédibles de détournement de fonds en Europe et à des accusations de génocide au CPI et au sein du pays, ils risquent plus que leur réputation — ils risquent d’institutionnaliser une économie « Minérais pour le génocide ».

Comme nous l’avons rapporté dans RDC : Le trou noir de la justice , le monde doit décider : une chaîne d’approvisionnement en cobalt ou en or vaut-elle le prix de l’existence d’une communauté ?

Massad Boulos et Tshisekedi

Président Félix Tshisekedi recevant Mr Massad Boulos a New York, le 21 september 2025, Conseiller spécial du président américain sur l’Afrique | Photo Présidence RDC

The cynical desperate alliance buying time

Cependant, on ne peut exclure une hypothèse plus realpolitik et machiavélique à la fois: que la participation de la RDC aux pourparlers avec le M23, puis avec le Rwanda, n’ait été qu’une manœuvre dilatoire visant à gagner du temps pour renforcer sa coalition militaire. Cette stratégie semble bénéficier du soutien tacite des États-Unis. Affamée de minerais au prix le plus bas possible, l’administration Trump — via l’Accord Minier de Washington — cherche un accès direct à la source. Nous assistons à une alliance contre-nature sans précédent : une superpuissance guidée par la sécurité de ses ressources et un dirigeant à Kinshasa, désespéré de soutien militaire et diplomatique, prêt à tout pour sa survie malgré les crimes et les détournements commis contre son propre peuple. Avec des figures comme Massad Boulos agissant en coulisses, de concert avec le Conseil de Sécurité de l’ONU, Washington semble prêt à intimider et à faire du Rwanda et du M23 les boucs émissaires des échecs cumulés de 26 ans de la MONUSCO et du régime Tshisekedi. Pour le M23, l’équation géopolitique comporte désormais de multiples inconnues.

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