FNDB/FARDC/Merceneries bombardé par des drones, des milliers de personnes et des centaines de villages à Minembwe pendant plusieurs mois en 2025 – Photo SosMediasBurundi

À l’intérieur de la crise humanitaire de 2025 et de la bataille pour les hautes terres du Sud-Kivu

Un point de tension dans les troubles du Sud-Kivu

Dans les derniers mois de 2025, les hauts plateaux reculés de Minembwe, nichés dans la troublée province du Sud-Kivu, sont devenus le théâtre d’un siège dramatique — qui allait façonner le destin de la région et souligner le coût humain dévastateur d’une guerre dans l’est du Congo. Pendant des mois, la Force nationale de défense burundaise (FDNB), combattant aux côtés de l’armée congolaise (FARDC) et des milices Wazalendo, a imposé un blocus sévère à la communauté Banyamulenge.

Le siège fut marqué par des barrages routiers d’étranglement, des bombardements de drones et une stratégie délibérée de famine qui suscitait à parts égales condamnation et résistance. En décembre, une contre-offensive majeure de l’alliance M23/AFC brisa le blocus, apportant à la fois du soulagement et de nouvelles incertitudes dans les Highlands.

Blocus — La famine comme arme (octobre–novembre 2025)

En octobre 2025, Minembwe était effectivement isolée du monde extérieur. Les troupes burundaises, retranchées à Mikalati et Bijombo, ont érigé des barrages routiers qui ont coupé des lignes vitales de vie, empêchant les civils banyamulenges d’accéder aux marchés ou d’obtenir des fournitures désespérément nécessaires. Le résultat fut rapide et brutal : le prix du sel passa de 1 à 10 dollars, tandis que le sucre et le savon disparaissaient presque des étagères. Les livraisons médicales cessèrent, laissant les malades et les blessés sans endroit où se tourner.

Le bilan humanitaire a été éprouvant. Des sources locales ont rapporté de graves pénuries et des prix en flambée qui rendaient même la survie basique hors de portée. Selon SOS Médias Burundi, le blocus a provoqué une flambée catastrophique du coût de la vie, tandis que Crisis Watch du Crisis Group (novembre 2025) estimait qu’au moins 172 000 personnes étaient piégées dans les hautes terres assiégées.

Le 4 novembre, les rues de Minembwe ont été le théâtre d’un acte remarquable de défi. Des milliers de femmes et de jeunes Banyamulenge ont défilé du centre-ville jusqu’à Madegu, portant des pancartes dénonçant la « suffocation » imposée par les troupes burundaises. Leur message était clair : mettre fin au siège et laisser la communauté survivre. Les manifestants ont accusé le FDNB d’orchestrer une campagne de famine, alléguant une intention d’« exterminer » la population par la privation. Crisis Group : CrisisWatch novembre 2025 (172 000 piégés)

Des femmes de la communaute Banyamulenge manifestent pancartes a la main contre le blocus impose par larmee burundaise le 4 novembre

Des femmes de la communauté Banyamulenge ont manifesté, pancartes à la main, contre le blocus imposé par l’armée burundaise le 4 novembre 2025 – Photo SosMediasBurundi

Guerres de drones — Le bombardement aérien aggrave la crise

À mesure que le blocus se resserrait, la violence augmentait également. Novembre a apporté une nouvelle dimension glaçante au conflit : l’utilisation de drones armés par les forces de la coalition. Des rapports de SOS Médias Burundi détaillent une campagne de frappes de drones attribuée à l’alliance FARDC/FDNB/Mercenaries, ciblant à la fois des zones civiles et des camps pour personnes déplacées internes (PDI).

Le 21 novembre, des drones ont bombardé la zone autour de Mikenge, ciblant un camp abritant des déplacés de Banyamulenge. Des frappes similaires ont frappé Rwisankuku, détruisant des maisons et accentuant la terreur d’une population déjà piégée par le siège. L’introduction de la guerre aérienne dans les hautes terres isolées a marqué une escalade dangereuse, les forces gouvernementales cherchant à briser la résistance des groupes d’autodéfense Twirwaneho — l’une des dernières lignes de défense communautaire de la région.

Contre-offensive et retraite burundaise

Le siège serait finalement brisé non pas par la diplomatie, mais par le tonnerre d’une contre-offensive militaire. Début décembre, le M23 — combattant sous la bannière de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) — a lancé une vaste campagne au Sud-Kivu. Leur objectif : rejoindre les Twirwaneho et libérer les hautes terres. L’opération submergea rapidement les défenses de la coalition gouvernementale dans la plaine de Ruzizi, culminant avec la prise de la ville stratégique d’Uvira et une avancée rapide vers le sud en direction de Fizi.

Le point de rupture survint lorsque les forces burundaises, coupées et encerclées, commencèrent une retraite chaotique. Le 16 décembre, des milliers de soldats de la FDNB furent vus fuyant à travers le lac Tanganyika, embarquant sur des bateaux à Baraka et Mboko dans une retraite désespérée vers le Burundi. L’effondrement de la présence burundaise leva effectivement le siège de Minembwe, rouvrant les routes d’approvisionnement et offrant une bouée de sauvetage à une communauté ravagée par des mois d’isolement.

Les conséquences

Le siège et la libération ultérieure de Minembwe illustrent de façon frappante comment une communauté supporte le poids des tentatives de génocide dans l’est du Congo, avec la famine et les attaques à la bombe par drone par deux armées gouvernementales en totale impunité. Bien que le blocus soit terminé, les cicatrices de la famine, du déplacement et des bombardements restent fraîches.

Entre-temps, une vague de frappes de drones attribuées aux FARDC, à son allié burundais la FNDB, et à des mercenaires ont frappé Masisi, Minembwe, et déclenché ce mois-ci des funérailles symboliques à Goma, faisant des morts civils et des dizaines de blessés, à partir de janvier 2026.

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